lundi 3 avril 2017

Écriture - une question d'apprentissage

                                                     * Autres textes sur l'écritures *


Note 1 : le masculin est utilisé pour faciliter la lecture du texte.
Note 2 : mes réflexions se limitent l’écriture de la fiction.
Le présent billet fait partie d’une suite de réflexions qui s’intitule « Quand l’idée s’envole vers le lecteur »

J’en ai parlé. J’en parle. J’en parlerai encore ! L’apprentissage a une importance capitale dans ma façon d’être. Un souffle de vie. Je l’applique sans retenue à mon métier d’écrivain. 

Un texte n’est jamais parfait. S’il est, pour un instant, le summum de nos réalisations, le moment d’après nous propose un potentiel d’amélioration pour le prochain texte. Croire que l’on n’apprendra plus ou que l’on a atteint la perfection dans l’écriture transforme la fierté, normale en raison de la réussite, en orgueil qui gonfle exagérément le torse. En Salon du livre, on voit ces auteurs déambuler dans les allées avec le nez en l’air. Remarquez que cette démarche hautaine n’a rien à voir avec celle de marcher la tête haute, un signe de satisfaction et d’assurance. 

L’auteur imbu de lui-même ne regarde personne et il s’imagine que tous les yeux sont tournés vers lui avec admiration. L’observatrice que je suis remarque plutôt les sourires narquois et les claquements de langue désapprobateurs. Je vois en ce comportement la mort de l’âme de l’écrivain. Croyant avoir atteint le nirvana sur terre, il cesse d’apprendre et de s’améliorer. La vie peut-elle être belle sans nouveauté, sans curiosité ? Sans étonnement, ce fier pet nous parle du syndrome de la page blanche. Il ne sait pas sur quoi écrire parce que son cerveau s’arrime avec ses acquis plutôt que sur la nouveauté que lui apporte l’instant présent. Son cerveau, bloqué à la découverte, s’assèche. Il fait beaucoup de torts à l’industrie du livre en propageant une image de l’écrivain qui n’est partagée que par une poignée d’auteurs, mais qui, malheureusement, reste fort visible. 

Note :  Explorer un sentier de la connaissance permet d’en découvrir trois ou quatre autres qu’on ne savait pas qu’ils existaient. Déroutant ? Non! ça excite ! L’euphorie totale ! On s’y engage tout de suite, sans perdre une minute, s’essoufflant au passage. Ça nourrit l’âme, le cœur et l’esprit !

Apprentissage et amélioration continue

Peu importe le domaine de travail ou d’expertise, le fait de cesser d’apprendre correspond à mettre sa carrière en veilleuse. On l’entend en politique, en enseignement, en médecine, en plomberie, au tennis, au hockey, en menuiserie, en informatique, etc. La nécessité de se renouveler est constante, peu importe le métier. Pourquoi ce principe ne s’appliquerait-il pas aussi au milieu littéraire ? À mon point de vue, l’apprentissage et l’amélioration continue sont particulièrement importants pour les créateurs, mais il s’applique également aux professionnels de l’édition, aux éditeurs, aux libraires, aux distributeurs et aux Salons du livre. 

Parlons un peu d’amélioration continue dans un sens plus noble... L’Humain n’a jamais fini d’apprendre. Chaque stimulus qui le frappe le fait réagir. Ça fait de lui un être adaptable, en évolution constante. C’est ainsi que l’espérance de vie grimpe chaque décennie. Malgré ses limites physiques, l’Homme a exploré le fond de l’océan, mis le pied sur la lune, exploré virtuellement des planètes à 40 années-lumière pour y chercher une forme de vie.  

Le principe associé à l’apprentissage continu crée un environnement qui permet à une personne d’acquérir des connaissances (le savoir), à développer des compétences (le savoir-faire) et à adopter des comportements appropriés à son métier (le savoir-être). C’est tellement important que certains pays se sont dotés d’une loi qui définit ce type de formation comme un droit fondamental du travailleur. 

Ce modèle de formation permet aux personnes qui sont dans la vie active, ou les retraités comme moi, de pouvoir améliorer leurs compétences, de s’adapter aux nouvelles technologies, aux pratiques ou aux méthodes appliquées à leur entreprise. 
Note : dans le même souffle, l’amélioration continue aide à perfectionner les produits, les services et les processus d’une entreprise. Pourquoi ne pas l’appliquer au savoir, au savoir-faire et au savoir-être de l’auteur ?

Ça s’applique à l’écriture aussi 
D’accord ! Un auteur affirme « Moi, j’écris ! Je n’ai pas besoin de ça ! » Pourtant, il a tort ! Pour plusieurs raisons. Voici ce que permet l’adoption des principes de l’apprentissage et de l’amélioration continue : 
Accepter la responsabilité qui va avec le métier. En décidant de publier ses textes, l’écrivain s’engage auprès de ses lecteurs. Ils s’attendent à ce que l’auteur prenne tous les moyens à sa disposition pour progresser dans son rôle d’écrivain. 

Note : Ça commence par assumer ses choix et respecter son lectorat.
Explorer plus facilement d’autres facettes de la littérature. L’adoption d’un principe d’apprentissage continue permet de se libérer d’un style ou d’un genre qu’on nous colle à la peau. Par exemple, le passage du roman à la nouvelle, de la poésie au théâtre ou du fantastique au suspense, apporte un enrichissement personnel et professionnel. Vous serez ravis de voir vos lecteurs vous suivre avec enthousiasme. 

Note : Essayer d’autres styles, d’autres genres, écrire différemment est une belle manière de se placer hors de sa zone de confort. L’apprentissage devient encore plus performant.
Se renouveler. Apprendre continuellement permet d’améliorer le style, de mieux comprendre un sujet particulier et d’explorer plus facilement les comportements humains. L’auteur devient meilleur aujourd’hui qu’hier. Ce faisant, il augmente son niveau de satisfaction face aux résultats obtenus.

Note : Apprendre devient une source de bonheur.
Grandir en sagesse. Plus on en sait sur le métier, plus on devient à l’aise. Ça fait la différence entre afficher sa peur et son malaise dans ses contacts avec les autres écrivains et marcher la tête haute sans crainte et avec assurance. Le travail de l’auteur, amélioré constamment par l’apprentissage, confirme son droit à sa place dans le milieu littéraire. 

Note : Prendre la place qui nous revient dans un monde gonflé à bloc par l’offre est difficile. L’apprentissage permet de traverser la barrière, un pas à la fois, lentement mais sûrement.
Mieux digérer les crises. Aborder l’adversité en mode apprentissage aide à se sortir de l’environnement émotif. On propose plutôt la réflexion positive. Énoncer à un lecteur « je suis déçue que vous ne m’aimiez pas » brise la communication parce que l’auteur la transforme en émotion. Personne n’aime ça. Essayez plutôt : « Je vous remercie pour votre générosité. Est-ce que vous pouvez m’expliquer ce que vous n’aimez pas dans le livre ?» Ainsi, en déplaçant la conversation vers un terrain concret en parlant du livre (un objet) plutôt que l’auteur (une personne), l’auteur crée un environnement qui met le lecteur à l’aise. L’auteur se place en mode écoute et il peut apprendre beaucoup en écoutant les lecteurs. 

Note : Peut-être que ce que l’auteur apprend par une telle conversation se retrouvera dans un prochain livre... qui sait ?

Dans mon prochain billet, je traiterai d’un sujet plus particulier de l’apprentissage, le coaching. J’ai ajouté ce volet à la demande de plusieurs. 
En terminant... 
Je vous laisse avec deux citations que j’aime beaucoup :

« Celui qui aime à apprendre est bien près du savoir. » 
Confucius

« Je ne perds jamais; soit je gagne, soit j’apprends. » 
Nelson Mandela

Je vous souhaite de belles heures d’écriture !
Suzie Pelletier



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