lundi 10 avril 2017

Écriture - La force du coaching


Note 1 : le masculin est utilisé pour faciliter la lecture du texte.
Note 2 : mes réflexions se limitent l’écriture de la fiction.
Le présent billet fait partie d'une suite de six réflexions qui s'intitule « Quand l'idée s'envole vers le lecteur»

À la demande de plusieurs personnes qui ont lu ma rubrique sur l’écriture, des collègues écrivains pour la plupart, j’ai accepté de discuter un peu plus à fond la démarche de coaching comme outils de travail et d’apprentissage pour l’écrivain.
Définition
On utilise le coaching en entreprise avec beaucoup de succès depuis les années 1990s. Par un accompagnement personnalisé, le coaché améliore ses compétences dans un domaine particulier. Bien qu’une démarche de coaching peut inclure l’acquisition du savoir (connaissances) et du savoir-être (comportement, attitude), elle sert surtout à développer le savoir-faire (compétences). L’utilisation du coaching dans le sport et en gestion est fort connue. Il devient également populaire dans le domaine de l’écriture.
  • La démarche doit bien définir l’apprentissage visé, la durée estimée, le temps consacré à l’exercice et le rôle de chacun.
  • Le coaching est basé sur une relation de confiance et la communication. 
Il est à noter que le coaching est rarement gratuit. Chaque heure de coaching éloigne un auteur de son métier et de sa passion, celui d’écrire. Si on fait appel à son expertise dans une démarche de coaching, c’est la moindre des choses qu’on le paie. 

Responsabilités du coach
N’est pas coach qui veut…
En effet, on ne s’improvise pas coach, comme ça, un bon matin. Le coach possède un savoir et un savoir-faire considérable dans le domaine visé et il possède de l’expérience de formation. Excellent communicateur, il crée une atmosphère propice à l’apprentissage. Il explique l’ABC du métier et adopte une approche ouverte et directe avec le coaché.
Un bon coach comprend qu’il joue un rôle important dans la carrière du coaché. Une mauvaise approche peut nuire aux chances de ce dernier de voir un jour son ouvrage publié. D’ailleurs, un bon coach saura stopper la démarche s’il se rend compte qu’il ne peut aider ou si le coaché développe une dépendance plutôt que son autonomie.
Un bon coach ne cherche pas à fabriquer une copie de lui-même. Il aide plutôt le coaché à développer ses propres manières d’atteindre ses buts.
De façon générale, son rôle comprend les volets suivants :  
  • La formation de la personne coachée dans son domaine;
  • la recherche de l’autonomie du coaché dans le métier;
  • l’enseignement de l’art d’écrire;
  • la création d’une atmosphère propice à l’apprentissage; et
  • la communication claire, ouverte et véritable.

La démarche exige que le coach investisse de l’énergie et du temps. Pour cette raison, un coach prend rarement plus de deux coachés en même temps. Il les rencontre séparément.
Responsabilité du coaché
Le coaché n’est pas l’employé du coach…
En effet, la démarche de coaching est basée sur le partenariat entre les deux intervenants, celui qui partage son savoir-faire et celui qui construit le sien. Le coaché s’implique personnellement dans la démarche. Il initie généralement la relation et il s’implique totalement dans ce modèle de formation. Par ses actions, il influence la durée du coaching par sa vitesse d’apprentissage et ses démarches personnelles d’apprentissage.
Un coaché écoute les conseils, questionne les points à éclaircir, réfléchis puis fait ses choix. Il est entièrement responsable de son apprentissage.
Un coaché trace son propre chemin. Il utilise le partage du savoir-faire du coach et l’environnement d’apprentissage pour développer ses propres compétences.
De façon générale, le rôle du coaché comprend les actions suivantes :
  • Assumer entièrement son apprentissage;
  • démontrer une grande volonté d’apprendre;
  • retenir ce dont il a besoin pour répondre à ses attentes;
  • communiquer adéquatement ses attentes, ses craintes, etc.; et
  • garder une ouverture d’esprit pour mieux profiter des échanges avec le coach.

Gestion des attentes
Une démarche de coaching dure généralement plusieurs mois. Elle commence par une première séance pour bâtir la relation de confiance, discuter de la démarche et préciser les attentes. Cette étape est cruciale avant de s’engager complètement. De façon générale, les critères suivants s’appliquent :
  • La durée des séances de coaching dépend du coach et des besoins d’apprentissage du coaché (entre une et trois heures).
  • Le coaching rend le coaché autonome, et non pas dépendant.
  • Les attentes de part et d’autre doivent être claires dès le départ.
  • Le coaching est un outil d’apprentissage basé sur la communication ouverte.
  • Le coût de base, un taux horaire ou taux à la page, doit être clair. Si la démarche comprend la révision d’un manuscrit, le coût peut être établi par page.
  • Le coach et le coaché peuvent terminer la démarche à n’importe quel temps.
Il est fortement suggéré d’établir un contrat pour préciser le coût, le contexte, les limites, les enjeux, les attentes et les contraintes de la démarche de coaching.

Où trouve-t-on un coach?
La question principale touche plutôt l’identification du besoin. Dans le monde littéraire, le coaching s’attaque à la technique d’écriture, la façon dont on travaille un texte. À tire d’exemple, un coach ne corrigera pas vos fautes d’orthographe, mais il vous donnera des solutions pour que vous vous en occupiez vous-même. De la même manière, il ne réécrira pas votre texte; plutôt, il vous enseignera des manières différentes de travailler votre manuscrit. Il pointera des pistes d’amélioration sans jamais vous forcer à les adopter.
Est-ce bien ce dont vous avez besoin?
Les méthodes d’apprentissage sont nombreuses. Comme le «coaching en écriture» devient populaire, on utilise le mot à toutes les sauces. Le coaching sert pour l’amélioration du savoir-faire. Entre autres,
  • Si on offre une démarche à plus d’une personne, ce n’est pas du coaching, mais de la formation.
  • Si le besoin touche plutôt le savoir-être, on cherche plutôt un mentor.
  • Si on cherche à améliorer son savoir, pour une préparation pour des dédicaces par exemple ou pour un volet particulier de la langue française, on parle de tutorat.
Veuillez noter que je trouve inapproprié de présenter sur mon blogue des noms de coach et leurs coordonnées. Assumant mon rôle de coach, je refuse de faire la recherche à la place de l’auteur. Je préfère vous offrir «le comment», c’est-à-dire de vous aider à devenir autonome dans vos recherches. Entre autres, essayez les activités suivantes :

Une recherche du WEB fera ressortir de nombreuses offres. Bien sûr, je vous suggère de bien magasiner. Demandez des références. Il y a de tout, de l’excellent, du bon et du pire.
Votre éditeur peut généralement vous aider à trouver un coach. Il se pourrait même que la maison d’édition accepte de payer, en tout ou en partie, les sessions de coaching.  
Les associations régionales d’auteurs devraient normalement connaître ceux et celles qui offrent du coaching dans leur région. on pourra aussi vous aider à bien évaluer votre besoin.
L’union des écrivaines et des écrivains québécois garde une rubrique «petites annonces» sur son site web. S’il n’est pas fait mention de «coaching», on y trouve d’autres offres intéressantes.
Un dernier conseil
En terminant, je dois dire que le coaching n’est pas efficace pour tout le monde. J’ai vu trop souvent des gens abandonner leur rêve parce qu’ils n’ont pas pris le temps de bien cadrer leur modèle d’apprentissage. Pour sa part, le coaching demande un investissement en temps, en énergie et en émotion de la part du coaché. Le processus ouvert et souvent non structuré rebute ceux qui ont besoin d’une formation plus organisée. Parfois, il est préférable d’utiliser une autre méthode d’apprentissage qui répondra mieux à une question pointue (le tutorat, un groupe d’écriture, un atelier ou de la formation en classe).

Dans mon prochain blogue, je vous parle des intervenants dans la production d’un livre. Certains me diront «enfin!» Eh oui! Dans toute chose, il faut commencer par le début, c’est-à-dire comprendre l’environnement dans lequel on s’apprête à sauter. Puis, en ce qui concerne l’écriture, il faut d’abord produire un manuscrit de qualité avant d’éditer son livre.
Je vous souhaite de belles heures d’écriture!
Suzie Pelletier


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