mercredi 15 mars 2017

Écriture - Les outils de travail de l'écrivain

Note 1 : le masculin est utilisé pour faciliter la lecture du texte.
Note 2 : mes réflexions se limitent l’écriture de la fiction.
Le présent billet fait partie d’une suite de réflexions qui s’intitule « Quand l’idée s’envole vers le lecteur »

Voilà que je m’assois devant mon écran et que mes doigts pianotent sur mon clavier pour transférer une belle histoire vers le papier et, je l’espère, vers les lecteurs. Je rêve et je jubile… jusqu’à ce que mes mains bloquent. « Coudonc, il s’écrit de quelle manière, ce mot-là ? » ou « ce verbe-là prend-il un “e” ou bien un “t”, à la troisième personne du singulier ? » Un peu plus loin, je me dis : « Cette phrase-là sonne donc bien mal ! » Plus tard dans le processus de réécriture, le doute s’installe : « Est-ce que ce roman ou cette nouvelle captivera vraiment les lecteurs ? » 
Bref, au cours de la phase d’écriture (écriture - le métier d’écrivain), l’auteur a besoin de nombreux outils qui l’aident à donner du sens à ses textes et qui lui permettent d’appliquer efficacement l’ensemble des règles de la langue française. On pense aux dictionnaires de mots, de locutions, de cooccurrences, etc. On consulte régulièrement des grammaires et des encyclopédies en tous genres. Par contre, comme ce fut mon cas, ces moyens ne sont pas toujours suffisants.

Il y a deux ans, j’ai écrit un billet sur ce sujet important. Il se trouve aussi sur mon blogue et s’intitule les outils de l’écrivain (30 avril 2014). De ce billet, je ne répèterai que la fin parce qu’elle m’apparaît constante depuis plus de six ans. 

Pour vivre ma passion d’écrire, j’applique trois concepts fort secrets : le travail de base, le travail de fond et le travail acharné. 

Comme de raison, l’éternelle apprenante que je suis a poursuivi sa réflexion. Voici donc quelques méthodes supplémentaires qui permettent à l’écrivain d’augmenter ses compétences et de développer ses talents. En chemin, il améliore son œuvre.
Note de précision : Le vocabulaire associé aux activités littéraires n’est pas fixe. Les dictionnaires et les sites web spécialisés ne s’entendent pas. En absence de constance dans l’utilisation des expressions, tout un chacun y va de sa petite définition qui évolue à la va-comme-je-te-pousse. Au fil des ans, j’ai eu besoin de les comprendre pour les intégrer à ma manière. Les définitions présentées dans ce texte sont donc les miennes. L’idée ici n’est pas de se battre sur les termes, mais plutôt de réfléchir. Il appartient à chaque auteur de tracer son propre cheminement.

Des outils informatiques de correction automatique
Ça m’étonne que certains auteurs hésitent à utiliser les correcteurs intégrés à leur logiciel de traitement de texte. Comme s’ils étaient convaincus de posséder la science infuse ou, peut-être, par simple paresse. Moi, je ne peux pas m’en passer ! Antidote est de loin celui que je préfère. Sa performance est remarquable et il contient une trousse intéressante d’outils intégrés (les anglicismes, les cooccurrences, les conjugaisons, les synonymes et les antonymes, les verbes ternes, les phrases incomplètes, les erreurs de syntaxe, etc.). Ça m’aide à mieux écrire et me sentir de plus en plus confortable avec la complexité de la langue française. 
Note : Il est souhaitable de corriger AVANT de faire lire son texte à d’autres.
Retour aux études
N’hésitez pas à retourner sur les bancs d’école, que ce soit dans une classe conventionnelle ou via une méthode virtuelle. La participation à des cours est un excellent moyen de se perfectionner, surtout quand vous tenez à poursuivre une carrière d’écrivain. La langue française est belle, mais si complexe. Elle mérite qu’on prenne le temps de s’y attarder, de mieux la comprendre.

 Il existe des ateliers proposés par les associations d'auteurs, mais aussi des sessions publiques ou privées sur des thèmes particuliers (le récit, la nouvelle, les personnages, les accords de verbe, les adverbes, les qualificatifs, etc.) On trouve ces cours par les bibliothèques municipales, les écoles secondaires, les regroupements d’auteurs et bien d’autres.
Note : On adopte l’apprentissage continu pour devenir un meilleur écrivain.
Des coachs ou conseillers en écriture. 
Ces professionnels offrent un processus d’apprentissage qui permet à l’auteur d’acquérir des compétences en technique d’écriture. Ils proposent des améliorations dans la mise en forme, la correction, les choix de style, etc. Le coach connait généralement bien le milieu littéraire et il aide aussi l’écrivain à y faire carrière, à développer son savoir-être (attitude et comportements) en plus de son savoir-faire (pratique et compétences). La motivation est généralement dans la panoplie des outils qu’ils offrent à leurs étudiants. Également, travailler avec un coach brise la solitude associée à l’écriture qui devient parfois étouffante, particulièrement au début de la carrière. Bien sûr, ces professionnels vous assisteront moyennant un salaire.

Note : Placez votre énergie sur l’apprentissage !
Des comités de lecture
Par cette méthode, on cherche à comprendre l’effet du texte sur le lectorat. L’auteur présente son manuscrit ainsi qu’une série de questions à quelques personnes (3 à 5) pour obtenir des avis. Cependant, cet outil comporte des limites connues. Certains participants hésitent à formuler des commentaires qui pourraient froisser l’écrivain. Certains auteurs s’attendent à ce que les lecteurs les aident à améliorer leur style ou le texte; or, ce n’est pas leur rôle, mais bien celui d’un coach.
Pour que l’exercice reste profitable, l’écrivain développe un questionnaire qui incitera les membres du comité à cadrer leurs réponses sans réserve. Pour une meilleure efficacité, on procède à cette étape juste avant de l’envoyer à l’éditeur, une fois qu’on a revu, retravaillé et corrigé le texte.
Il appartient à l’auteur d’accepter, ou pas, les recommandations. Ici, il laisse son livre sortir de son univers personnel et les réponses ne comprendront pas seulement des félicitations. L’exercice peut donc être difficile pour l’écrivain, mais il est bénéfique à l’œuvre.
Plusieurs amoureux des livres acceptent de participer gratuitement à un tel exercice.
Note : Ces collaborateurs sont en fait vos premiers lecteurs. Il fournissent des avis précieux pour ajuster le texte et le rendre plus accessible à tous.
Des lecteurs bêta
Par cette méthode, on cherche l’avis de personnes qui ont des compétences techniques relatives aux sujets traités dans le livre. La technique est utilisée surtout par les auteurs, mais parfois aussi par les éditeurs. Ces lecteurs bêta n’ont pas nécessairement accès à tous les chapitres. Ils reçoivent plutôt les parties qui concernent leur champ d’expertise (la science, l’histoire, un métier, une expérience unique, etc.). On peut aussi choisir des gens qui lisent beaucoup dans un style particulier, le fantastique ou la science-fiction par exemple. Dans ce dernier cas, les lecteurs bêta auront accès au texte complet.
Le résultat servant à réduire les incohérences, et les anachronismes, il faut procéder aussitôt que possible dans le processus d’écriture et de correction. La méthode de recherche d’information est simple et sans encadrement précis.  
Bien que plusieurs personnes acceptent de présenter des avis gratuitement, l’auteur doit parfois payer un forfait pour obtenir les conseils de spécialistes pour l’aider dans la rédaction de son œuvre.
Note : Le choix des lecteurs bêta est primordial et la formule de partenariat doit être claire.


Les groupes d’écriture :

Cette méthode d’apprentissage prend de plus en plus de popularité. Sous le leadership d’un coach ou d’un professeur, les membres du groupe (maximum dix) se rencontrent pour discuter de sujets particuliers associés à l’écriture. L'horaire des rencontres est flexible et l’organisation de chaque évènement apporte une souplesse qu’une classe conventionnelle ne peut permettre. On apporte ses textes, parfois des extraits seulement qui nous pose problème, pour en discuter en profondeur. On invite des gens qui ont des compétences particulières pour apprendre sur leur méthode de travail et leur choix en matière d’écriture.  


Note : Travailler ses textes en groupe brise cette solitude que les auteurs ressentent vivement, particulièrement au début de leur carrière.

Autres : 


Je fais état ici d'outils que j’ai appliqués moi-même dans l’un ou l’autre de mes projets d’écriture et sur lesquels je peux porter une réflexion. Par contre, il y a certainement d'autres méthodes utilisées dans le milieu qui sont tout aussi efficaces.


À mon avis, devenir écrivain apporte une responsabilité, celle de continuer à développer son talent et à évoluer. L’auteur doit offrir le meilleur de lui-même à chacun de ses livres. Je rencontre trop d’écrivains au Québec qui, imbus de leur succès, décident de cesser de travailler et d’apprendre. Leurs textes finissent par manquer de nouveauté, de saveur et de qualité. Les lecteurs ne sont pas dupes et ils abandonnent rapidement ces artistes à leur sort, dans l’oubli.


Avec mon prochain billet, je traite du sujet de l'apprentissage continu et de l'importance de l'appliquer dans le domaine de l'écriture. 


2 commentaires:

  1. Avez-vous des suggestions de noms ou entreprises pour les "coachs"?

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  2. J'hésite toujours à faire des recommandations du genre puisque le choix dépend de chacun. Par contre, je reçois la demande très souvent. Ainsi, je pense que je peux ajouter un billet sur le sujet. Il parlera plus en détails de cet outil d'apprentissage particulier, ce que devrait offrir le coach, les attentes de l'écrivain et quelques solutions pour trouver le professionnel qui nous convient.

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