vendredi 10 mars 2017

Écriture - le métier d'écrivain

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Note 1 : le masculin est utilisé pour faciliter la lecture du texte.
Note 2 : mes réflexions se limitent l’écriture de la fiction.
Le présent billet fait partie d’une suite de réflexions qui s’intitule « Quand l’idée s’envole vers le lecteur». 

Avant même d’élaborer cette publication, il me faut clarifier deux points très importants sur le métier d’écrivain. On les connait bien, mais on les oublie souvent. 
Si la motivation de l'auteur est de trouver une gloire instantanée, il sera déçu. Sauf exception, la notoriété arrive après des années de travail acharné qui va bien au-delè de savoir son français ou d'avoir une idée brillante. 

La capacité de pondre une oeuvre d'un seul jet, sans réécrire ni corriger son manuscrit, n'existe pas, Celui qui refuse d'envisager des modifications à son texte s'empêche d'apprendre et gaspille son talent.
Ces paroles sont dures, vous trouvez ? Soyez rassurés ! Je crois fermement que l'auteur a raison d'écrire au moment et de la manière qui lui convient, en toute liberté. C'est d'ailleurs ce que j'applique quand je commence un projet et je reste dans cette bulle créative tant que le premier jet n'est pas terminé. 

Par contre, mes recherches démontrent que les maisons d’édition reçoivent des centaines, parfois plusieurs milliers de manuscrits chaque année. Elles n’en choisissent que quelques-uns. Ainsi, l’enjeu est de s’assurer que son texte ressorte du lot. S’il veut publier son œuvre, l’écrivain doit mettre tous les efforts nécessaires afin de produire un livre de qualité. Ça, c’est plus tough que de prendre un crayon et de barbouiller des cahiers. Si l’auteur n’est pas prêt à travailler, les chances que ses œuvres perdurent auprès des lecteurs s’éteignent. 


La réponse de plusieurs sera sans aucun doute : « Ben ! Je vais le publier moi-même ! » Le milieu parle alors d'édition indépendante, d'édition à compte d'auteur, d'auto-édition et de bien d'autres termes dont la définition fluctue en fonction des personnes qui en discutent. Ça ne change rien à mon propos.  L'écrivain a la responsabilité de produire un livre de qualité. Le lectorat n'est pas dupe. Il aime découvrir de nouveaux auteurs, mais il ne se fera pas prendre deux fois si le bouquin n'est pas à la hauteur de des attentes. 


Qui donc peut écrire ?

On me le demande souvent. Ma réponse reste invariable : « Ceux qui en ressentent le besoin ! » On écrit pour toutes sortes de raisons et, à mon point de vue, elles sont toutes justifiées. Par contre, le passage à la publication du livre, le partage de son œuvre, devient une question de choix. Bien sûr, certains n’y verront aucun intérêt. Pour les autres, il faut y mettre l’énergie nécessaire. L’acquisition de compétences et les efforts seront plus ou moins importants selon vos connaissances de base en littérature et en français ainsi que votre expérience à rédiger des textes. Pour le reste, il suffit de travailler, travailler et travailler encore.


Une question plus pertinente s’énonce comme ceci : « Qui peut publier un livre ? » La réponse devient plus complexe. On parle de détermination, de patience, de volonté de réviser son texte plusieurs fois. Je le dis souvent, l’apprentissage continu et le travail sont au cœur de la publication d’un livre. 
En somme, pour l’auteur qui décide de publier son texte, le métier d’écrivain cesse d’être un simple loisir et il requiert qu’on lui dédise beaucoup de temps et d’efforts. Le choix de partager son œuvre s’arrime avec la responsabilité de concevoir un ouvrage qui se tient, de construire un récit qui est vraisemblable et de minimiser les fautes et les erreurs. Voici quelques pistes de réflexion. 
La validation de l’idée
En tant que lectrice, je valorise l’originalité. À titre d’auteure, je comprends qu’il est rare qu’on soit seul à avoir eu une idée. Une recherche indiquera peut-être que le sujet qu’on trouve époustouflant a été traité de toutes les manières possibles. Une visite physique ou virtuelle à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) devient un excellent point de départ. L’internet peut aussi vous aider à découvrir si des livres existent sur votre thème. On peut également vérifier si le titre que nous avons choisi a déjà été enregistré au Canada, en consultant l’Office de la propriété intellectuelle. Profitez-en pour inscrire votre bouquin. Le document officiel que vous recevrez pour la modique somme de 50 dollars sert à prouver que le droit d’auteur vous appartient.
Note : Rien n’empêche de développer un roman, une nouvelle ou une novella même si le sujet a déjà été traité. Par contre, sachant les angles utilisés par d’autres, l’écrivain pourra composer son texte en y insérant une originalité qui lui est propre afin d’intéresser d’éventuels éditeurs et, surtout, les lecteurs.
Une recherche efficace
Ça me déplait de trouver des renseignements erronés ou mal présentés dans un ouvrage. Il appartient à l’auteur de s’assurer que les informations énoncées dans son bouquin sont véridiques ou, du moins, vraisemblables. Une telle recherche est plus ou moins intense selon les sujets. Un livre touchant l’histoire doit être bien ficelé. Un roman fantastique qui parle d’un monde inventé doit être cohérent. En matière de fiction, l’auteur peut jouer avec l’information (historique, factuelle, scientifique ou géographique) au bénéfice du récit, pourvu que ça demeure plausible. À titre d’exemple, l’action de parcourir 1000 km en trois heures à cheval ne fait aucun sens. De même l’ascension en une heure d’une montagne haute de 1000 mètres et où le sentier fait 15 km. Il y aura un lecteur qui saura que vous avez placé la Prado au mauvais endroit à Barcelone. 
La recherche peut se faire avant de pondre le texte, mais, pour la plupart d’entre nous, la vérification des informations s’effectue tout au long de la phase d’écriture, deux fois plutôt qu’une.
Note : Il est généralement facile d’obtenir des renseignements pertinents et complets en faisant appel à des spécialistes. En précisant que vous êtes écrivain et que votre livre parlera de leur compagnie, leur village ou leur métier ouvre des portes fort intéressantes. C’est souvent gratuit.
La phase d’écriture
Je rencontre souvent des gens qui me posent des questions sur l’édition avant d’avoir écrit la première ligne de leur roman. Ça m’étonne toujours. L’auteur doit d’abord s’assurer qu’il a la ténacité nécessaire pour se rendre à la fin de votre projet. Ensuite, on peut parler de publication. Cette phase de création littéraire pure s’avère généralement l’étape la plus longue de la fabrication d’un livre. Sauf pour ses contacts avec des spécialistes, l’auteur est souvent seul avec son clavier pour transposer l’idée de sa tête en un texte cohérent et intéressant.
Note : Lorsque l’écrivain a puisé dans toutes ses ressources internes et externes, pour apporter son œuvre le plus loin possible, il se permet de présenter son manuscrit à un éditeur.

La création d'un roman, d'une nouvelle, d'une novella, peut prendre différentes formes. En soit, toute manière est correcte pourvu qu'elle facilite la réflexion et l'écriture. En ce qui me concerne, je conçois la phase d'écriture en deux étapes qui peuvent s'entremêler selon mes besoins. 
Le premier jet. J’appelle cette phase « l’euphorie pure ». L’auteur jouit d’une grande liberté d’esprit pour développer son récit. Il s’enferme dans sa bulle créatrice. Ses personnages lui parlent et prennent une place importante dans sa vie. Il laisse aller ses idées sans les restreindre ni les trier. C’est ainsi que le premier jet prend forme. Généralement, ce texte n’est pas publiable. Il est trop brut, parfois trop émotif. Il faut le raffiner pour qu’il devienne accessible aux autres.
Note : certains auteurs laissent dormir cette première version durant de longs mois avant d’y retoucher. Le cheminement de l’écriture se poursuit dans sa tête, l’idée et l’histoire prennent de la maturité.
La réécriture incluant la correction et la révision. La décision d’éditer ou pas un texte se prend généralement à la lecture des premières pages, la première d’abord, puis les dix suivantes. La fluidité du récit, l’originalité du propos et l’intérêt suscité par l’intrigue sont essentiels. Un texte trop neutre, sans vie, ne sera pas choisi. Les fautes d’orthographes, de grammaires et de syntaxe réduisent énormément la valeur du texte. La présentation doit être soignée. Si l’auteur désire publier son livre, cette étape devient aussi importante que celle du premier jet. Passer outre démontre un manque flagrant de respect pour le lecteur.

J'ai trouvé la meilleure définition de cette phase dans le livre « Questions d'écriture » de Jean-Jacques Pelletier : « Chaque réécriture est ainsi un processus d'épuration du texte, d'ajustement du rythme et de clarification des situations et des enjeux. » Pour ma part, j'ajoute un travail de fond pour améliorer l'usage du français, l'élimination des anglicismes et bien d'autres erreurs communes à l'écriture. 


Note : Tant qu’à mettre des mois, voire des années, à écrire passionnément, pourquoi ne pas poursuivre ses efforts en ajoutant de la qualité et de la substance à son œuvre ?
En somme, n’importe qui peut écrire. Là n’est pas la question. Quand j’ai commencé à développer la collection du Pays de la Terre perdue, j’ai simplement répondu à un besoin viscéral. Puis, lorsque l’idée m’est venue de pousser plus loin l’expérience, de chercher à partager, à éditer mes livres, j’ai vite compris que je choisissais le métier d’écrivain. 

Pour réaliser ce qui était devenu un rêve puissant, j’ai dû retrousser mes manches, travailler, apprendre l’ABC du métier et travailler encore. Pour moi, l’effort le plus difficile demeure l’application des règles d’orthographe et de grammaires. Même après plus d’un million de mots publiés, je mets toujours beaucoup d’énergie de ce côté de l’équation littéraire. Je me donne des outils et je relève des défis à chacun de mes écrits. Rédiger des textes sans faute avec aisances demeure un but à atteindre. Aujourd’hui, ça demeure une barrière que je tente quotidiennement de dépasser.


Écrire, c’est comme un voyage; ce n’est pas la destination qui compte, mais plutôt le chemin accompli et les gens rencontrés sur notre route qui nous stimulent. 

Le parcours d’un livre vers le lecteur est rempli de pièges et d’embûches et il faut relever chacun de ces défis avec détermination. D’ici peu, je vous parlerai de la phase de l’édition. Mais d’abord, je vous parlerai des outils à la portée des écrivains pour avancer plus facilement dans leurs travaux. 



Je vous souhaite de belles heures d’écriture !

Suzie Pelletier



1 commentaire:

  1. Métier bien expliqué. J'aime bien votre présentation avec les notes en italique. (Je me suis permis une remarque en courriel privé)

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