lundi 31 août 2015

Lecture - La main du hasard - Josette Desmarais



Rubrique sur mes lectures
Auteure :  Josette Desmarais
Livre :    La main du hasard
Type Roman :  roman québécois, suspense
Éditions Véritas Québec
Site web : http://www.editionsveritasquebec.com



Josette est une femme d’une grande curiosité qui carbure à relever des défis. Alors que la vie lui apporte des épreuves en tous genres, cette Québécoise déterminée trouve toujours le moyen de se sortir du pétrin. Partout, dans tous ses projets, elle laisse sa marque avec brio. La vie lui a proposé de nombreuses avenues qu’elle s’est empressée d’emprunter : Enseignante, propriétaire de garderies, globetrotteuse puis femme d’affaires dans l’immobilier. Même sa retraite prend une tournure de changement de carrière. « L’écriture ? Pourquoi pas ! » s’empresse de nous raconter cette femme au sourire engageant et au positivisme sans borne. C’est avec enthousiasme qu’elle plonge dans la création littéraire. 


Par son roman, Josette nous relate une série de péripéties vécues par plusieurs membres d’une même famille influente de Montréal. Elle nous fait comprendre que, dans l’univers, tout est relié. Des fils invisibles relient ensemble les évènements, comme pour s’assurer que la toile de l’espace-temps reste stable. 

Que se passe-t-il si l’un de ces fils, si peu important soit-il, se brise soudainement ? L’instabilité s’installe, les évènements s’entrechoquent et les personnages se trouvent pris dans un dédale de culbutes émotives qui ne laissent personne indifférent. Ajouter à cela l’amour entre un Québécois et une belle Italienne, une famille bouleversée par les évènements, quelques meurtres, des poursuites policières... ouf ! 

Le livre de 220 pages se lit rapidement. Le style d’écriture direct garde le lecteur constamment dans l’action. Un suspense au rebondissement multiple qui nous garde en haleine du début à la fin. 


Josette fait également partie de ces auteurs qui choisissent l’édition indépendante pour faire vivre leurs œuvres et prendre leur place dans l’univers du livre québécois. 

On peut voir Josette dans les Salons du livre au Québec et au Nouveau-Brunswick. On peut trouver ce livre dans une librairie près de chez vous. S’il n’y en a plus sur les rayons, un bon libraire saura le commander pour vous. Le livre est également disponible en version numérique sur le site web de la maison d’édition. 


Bonne lecture à tous !


Suzie Pelletier
Merci d'encourager l'édition indépendante




jeudi 20 août 2015

L'Irlande du Nord, une grande blessée



Il y a des coins du monde qui étonnent et qui bousculent notre manière d’aborder la vie. Je viens de retravailler un texte écrit à la suite d’un voyage en Irlande en 2004. Plus particulièrement en Irlande du Nord. Vous trouverez ci-après le lien pour lire le texte intégral que j’ai décidé de garder d’époque avec toutes les émotions ressenties. 


La relecture du texte en 2015 m’a laissé aussi perplexe que ce que j’ai vécu il y a 11 ans. J’avais été sidéré par la discrimination qu’on y faisait pour écraser les Irlandais catholiques en réduisant leurs chances à une vie meilleure en limitant leur accès aux études supérieures et en les contraignant dans des emplois de bas niveau. Malheureusement, mes lectures récentes me donnent l’impression que la situation ne s’est pas améliorée depuis. Dommage... 

Une scène vive se glisse dans ma tête et l’amertume revient pour bloquer ma gorge. Je m’adressais à une personne dans un bureau de touriste. Curieuse de mon accent très particulier, elle me demande d’où je venais. Quand je lui explique que je venais du Québec et que ma langue première était le français, la dame perd son sourire. Reculant d’un pas, levant le nez, elle me répond : « You're a catholic then... » (Donc, vous êtes catholique...). Estomaquée par le commentaire qui ne faisait aucun sens dans ma tête, je n’arrivais pas à répondre. Sans attendre, la dame me présente une carte un peu pâlie de la ville où elle encercle les quartiers catholiques de la ville. Comme si c’était la seule chose qui m’intéressait... ou qu’on voulait m’y restreindre. Même si j’avais voulu avoir des informations sur d’autres points d’intérêt, la dame avait tourné les talons et servait quelqu’un d’autre. 

Étonnant. Déstabilisant. La colère montait en moi. Notre visite s’est poursuivie et d’autres images de cette discrimination restaient visibles. Personne ne se retenait. L’attitude était aussi marquée que les mots prononcés. Une personne en file d’attente devant un centre d’emploi affirmait rageusement : « See these damned catholics ! » (voyez ces maudits catholiques). 

En 2004, je suis restée éberluée par ma visite. J’étais tombé sur une autre planète. Je ne comprenais pas. La doctrine catholique et celle des protestants sont pourtant si proches. Quand j’ai corrigé le texte en 2015, je n’avais qu’une idée en tête : les guerres religieuses en Afrique et au Moyen-Orient. Souvent, il s’agit de musulmans contre d’autres musulmans. En fait, tout est une question de domination, peu importe où on est dans le monde. Qu’il s’agisse de la couleur de la peau, de la langue qu’on parle, de la religion que l’on pratique. Qu’ils s’appellent Henry VIII, Hitler, Poutine ou Abou Hamza al-Mouhajer, ces leaders ne cherchent qu’à obtenir une domination totale sur la population. En Irlande du Nord, durant 400 ans, la domination portait un visage britannique et protestant. La domination d’un Roi, ou d’une reine, qui impose ses choix personnels à ses citoyens. 

Nous avons fait ce voyage en 2004, six ans après le cessez-le-feu qui a mis un terme à cette guerre interne. La situation restait encore douloureuse. La grogne contre les « terroristes catholiques » restait bien encrée et faisait encore du dommage. Onze années se sont passées depuis. De nouveaux adultes ont pris leur place dans cette société. D’autres sont nés après la fin de cette guerre. Est-ce qu’on a réparé les édifices qui portaient alors les blessures de la guerre ? A-t-on encore besoin des « murs de la paix », ces longues palissades qui divisent les quartiers catholiques des quartiers protestants ? J’ai lu qu’en 2009 on comptait 88 structures qu’on rebaptisait alors les « murs de la haine », deux fois plus qu’en 1998. Si elles sont encore visibles, on devrait les appeler les « murs de la honte ». Il faudra des générations pour changer tout ça. Un petit pas à la fois.



Cette colère qui empêche les deux communautés de devenir tout simplement des Irlandais du Nord provient directement de ce besoin de domination du roi Henri II qui a envahi l’Irlande en 1169. Pourquoi ? Simplement parce qu’il le pouvait.

Je vous invite à lire le texte complet sur ma page wattpad.com ainsi que tous autres qui s’y trouvent.


Suzie Pelletier
Merci d'encourager l'édition indépendante

mardi 18 août 2015

Cher Postes Canada - prise 2



Il y a quelques jours, je vous parlais avec une déception évidente dans la voix de nos nouvelles boîtes postales communautaires

J’ai cru, vraiment cru, que Postes Canada n’avait tout simplement pas terminé d’installer les boîtes... on allait revenir, déplacer ces trois blocs, poser une plaque de ciment plus sécuritaire, installer un petit trottoir pour que je puisse y placer mes pieds... Je comprends que ce qui me reste encore de cette belle naïveté naturelle qui me fait voir la vie en couleur m’a embrouillé le cerveau... 

Quand nous avons déposé une plainte à Postes Canada (vendredi dernier), on nous a simplement dit qu’on allait s’en occuper... Ben sûr !

Hier matin, les boîtes sont apparues. Pas de plaque de ciment. Pas de trottoir. Juste les blocs de ciment installés sur la vase, un peu trop proche de l’asphalte. Je m’imagine debout devant ce monstre sur pattes d’acier à ramasser notre courrier tout en surveillant les voitures qui passent toujours trop rapidement sur Berne (Kirkland dans l’Ouest-De-L’Île). 

Il y a un comble à cette insulte. Même en me tenant sur le bout des orteils, j’arrive difficilement à atteindre la boîte postale, encore moins y voir à l’intérieur. 


Photo de Denis Fortin Photographe


Il y a deux jours, j’étais déçue. Aujourd’hui, je ressens vivement l’insulte qui me frappe de plein visage. Je suis en colère. 

Suzie Pelletier

samedi 15 août 2015

Cher Postes Canada



Quand je suis née, mes parents te faisaient déjà confiance pour acheminer leur courrier et leurs paquets au bon endroit. Comme leurs parents et leurs grands-parents avant eux d’ailleurs. J’ai grandi et j’ai appris à faire de même. À te faire confiance. En 61 ans, mon existence entière, tu m’as aidé à communiquer des millions de fois avec ma famille, mes amis et mes contacts à travers le monde. Je t’en suis reconnaissante. Ton facteur, qu’il soit femme ou homme, noir ou blanc, âgé ou très jeune, a toujours reçu un sourire engageant de ma part. 

Bien sûr, depuis une quinzaine d’années, ta place dans ma vie quotidienne se réduit. Je m’adapte à l’univers numérique. Rapidité et facilité me séduisent. Sauver le coût des timbres aussi. Quand tu as parlé d’installer des boîtes postales communautaires dans mon quartier, j’ai d’abord réagi vivement. Pourquoi me faire ça ? 

Puis, tu as doublé le prix des timbres... ou presque. En répartie, j’ai augmenté l’utilisation du web. Notre relation s’effrite peu à peu, mais elle tient bon. J’ai fini par accepter tes choix. Je te fais toujours confiance pour acheminer à bon port mes lettres importantes et mes précieux paquets. Tu occupes encore une place importante dans ma vie et je t’ai toujours respecté. 

Alors, pourquoi agis-tu de façon aussi cavalière avec moi ? Tu m’as promis plusieurs fois par écrit, pour m’endormir probablement, que tu mettrais ma boîte postale à ma portée, dans un endroit sécuritaire... c’est-à-dire que ma vie ne serait jamais mise en danger en allant chercher mon courrier. 

Voilà ce que tu as fait ! 

Pour prendre mon courrier, j’aurai les pieds sur l’asphalte ! 

Mes genoux resteront à la proximité du parechoc des voitures qui passent régulièrement à côté de ce champ vague. 







Les chauffeurs fatigués d’une longue journée de travail prendront-ils les précautions nécessaires pour éviter de me blesser, pires, de me tuer ?  


Me verront-ils seulement à travers le foin qui pousse en friche ? 




Pourtant, tu sais comment faire. Regarde les boîtes postales communautaires que tu as installées pour mes voisins, il y a de cela vingt ans. Ils marchent sur un trottoir pour s’y rendre et placent leurs pieds sur une dalle de béton pour prendre le courrier. Les alentours sont dégagés, le pourtour herbeux bien tondu. Sécurité, mon ami. 



As-tu oublié ce que tu m’as promis? Pourquoi me traites-tu de cette façon ? 

Je pense sincèrement que dix ans d’un gouvernement qui se fout quotidiennement de la gueule des Canadiens t’auront rendu autoritaire et hautain. Insensible, même. Ça t’aura fait oublier que tu n’existerais pas sans les citoyens du pays. Tu t’es perdu en suivant de trop près le modèle de gestion absolutiste de tes patrons. Au détour, tu as oublié que la poste n’est pas une business, mais plutôt un service communautaire.

TU ES À MON SERVICE, NON PAS L’INVERSE ! AU MOINS RESPECTES-MOI !

Je t’ai suivi dans tes choix sans faire de vagues, sans sortir dans la rue. Tu réponds par cette insulte en menaçant ma sécurité.


Tu me déçois terriblement !


Suzie Pelletier

mardi 11 août 2015

Écriture - Est-ce que l'aventure se termine ?



Je viens tout juste d’approuver la version finale du tome VI - Emmanuel, de la série Le Pays de la Terre perdue. J’ai mis quelques secondes avant de cliquer sur le bouton « envoyer » de mon application mail pour transmettre mon message à la maison d’édition Véritas Québec. Je voulais cette hésitation pour savourer pleinement les émotions qui m’assaillaient. Parce que ce moment d’une intensité magique ne reviendra pas. En surface, un immense bonheur, une grande fierté d’avoir mené jusqu’au bout cette aventure complètement dingue dans le monde littéraire. Au fond, une sorte de nostalgie chatouillait mon âme. Ma tête me disait : « C’est fini... ». Mon cœur me demandait de poursuivre encore pour quelques secondes, comme un bon vin dont on garde la dernière goutte au fond de la coupe, le plus longtemps possible.

Ce roman vient compléter cette magnifique histoire de Nadine. Ce roman, Emmanuel, est à mon avis le plus beau de tous. Un nouveau personnage doté d’une immense sagesse. Une urgence d’agir. Une fin qui parle de continuité, de bonheur et de philosophie. Le retour à l’équilibre pour Nadine. D’ici quelques semaines, tous les livres de la collection seront dans les mains des lecteurs et il leur appartiendra de perpétuer le rythme de vie de cette merveilleuse collection. 

Pour l’écrivaine que je suis devenue, un défi s’achève. Le pari est gagné. Je l’ai fait. Au cours de l’aventure, j’ai vécu intensément au côté de mon héroïne, lui donnant vie et caractère, déposant des écueils sur son passage pour qu’elle grandisse, qu’elle devienne une meilleure personne. Elle ne m’a jamais déçue. Elle a porté mon texte, ma vision du monde et de la vie, avec beaucoup d’enthousiasme et de détermination. Je lui dois beaucoup, car elle m’a transformée. La sachant à mes côtés, j’ai donné un essor nouveau à l’une de mes grandes passions, l’écriture. Porter ce texte jusqu’à l’édition du roman en six volumes fut pour moi une source d’apprentissage qui m’a étonnée, charmée et captivée. L’aventure m’a poussée à grandir comme personne et comme écrivaine. Au passage, j’ai développé de véritables amitiés, chez les auteurs et les lecteurs.

Sur mon chemin, j’ai rencontré une personne extraordinaire qui a rendu tout ça possible. Marie Brassard a cru à ce projet qui a rebuté plusieurs maisons d’édition établie, en raison de son immensité. Elle a su me coacher et m’encourager à chaque étape de notre redoutable échéancier. Nous étions déterminées toutes les deux à rencontrer ce défi que plusieurs qualifiaient de totalement insensé. « Un éléphant se mange un morceau à la fois ! » Un bout de phrase que nous avons répétée très souvent depuis ce 12 octobre 2012, jour de notre première rencontre. Trois ans de camaraderie et d’un plan de travail incroyablement chargé... Dans notre dos, on nous affublait de termes comme : butées, entêtées, acharnées et complètement folles. Chaque fois, nous avons souri, sachant que nous étions déjà en train de manger un autre morceau de notre éléphant.  

Je dois maintenant dire au revoir à cette collection. C’est impératif ! Tel un papillon, j’ouvre mes ailes pour aller voler ailleurs. Bien sûr, ces adieux se feront en douceur, parce que je visiterai des dizaines de Salons du livre au cours de la prochaine année. J’en parlerai avec joie et je caresserai chacun des livres qui racontent l’histoire de Nadine au Pays de la Terre perdue. Je raconterai les aventures de mon héroïne aux lecteurs... je la ferai vivre encore un bon moment. De plus, la version anglaise de la collection commencera son chemin dans le Canada anglais l’an prochain.

Non. Je n’en ai pas encore terminé avec le Pays de la Terre perdue. Ce monde fantastique et ses héros, Emmanuel Nadine et Marie aussi continueront de combler de bonheur mes journées. Je dois tout de même assumer toute la nostalgie qui m’assaille avec la fin de l’écriture. J’ai aimé ce défi rempli d’embûches. J’ai serré les dents plus d’une fois. Maintenant, je dois laisser la collection voler vers les mains des lecteurs sans plus lui retoucher. La création littéraire est terminée. Ma gorge se bloque, mes yeux s’embrument. 

On m’avait averti. Le travail intense d’écriture, de vérification et d’horaire rempli se termine brusquement par ce clic sur le bouton « envoyer ». Une sorte de vide intense s’installe dans tout le corps, la tête, le cœur, l’âme même. Certains auteurs plongent dans la dépression. Ce n’est pas ce que je ressens. J’éprouve de la fierté pour ce qui est terminé. Avec ma façon habituelle d’aborder la vie, je me tourne vers l’avenir et je savoure le moment présent. Je ferme les yeux. Je m’imagine debout sur une sorte de tremplin au bord d’une piscine olympique remplie de mots, de phrases, d’idées, de pensées et d’émotions en tous genres. Penchée sur le bout de la planche, j’observe. Un nouveau personnage m’attire... je garde son nom secret... tout comme son histoire. Je suis prête. Je relève les bras au-dessus de ma tête. Il ne me reste qu’à décider de la voltige avant de sauter allègrement... 

L’effervescence s’immisce sous ma peau et me fait trembler. Suis-je vraiment prête pour ce saut ? Dans ma tête, quatre années et demie remplies de défis incroyables se déroulent comme une sorte de bande-annonce d’un film d’action et d’éclat : le développement de l’histoire, la recherche pour peaufiner les détails, l’écriture intensive, le choix ardu d’une maison d’édition, le processus de revue de chacun des tomes et la présentation de chaque roman aux lecteurs, les voyages... J’ai le souffle court. Tant de travail. Des milliers d’heures de bonheur. Une courbe d’apprentissage accentuée. OUI ! JE SUIS PRÊTE ! Ce n’est pas une fin, mais plutôt un tournant important dans mon aventure littéraire. Au fond de cette piscine d’idées nouvelles se trouve un nouvel élan qui me transportera encore plus loin.  

L’aventure littéraire qui m’a apporté tant de satisfaction et de bonheur au cours des dernières années se poursuit. Je laisse ce nouveau personnage me parler de lui. Je définis mieux son caractère, je comprends mieux son vécu... Je planifie quelques visites extraordinaires, des bibliothèques et des villes, ainsi que des rencontres enrichissantes pour mieux comprendre certains éléments de fond de l’histoire. Crayon en main, je plonge pour me nourrir de tous ces mots qui m’aideront à présenter un nouveau roman. 

Et voilà ! Une nouvelle escapade commence...

Pour en savoir plus, visiter régulièrement mon site web, http://suziepelletier.ca, ou abonnez-vous à ma page professionnelle sur Facebook Suzie Pelletier auteure



Suzie Pelletier
Merci d'encourager l'édition indépendante