mardi 30 juin 2015

Voyage - Les routes d'Irlande



Ah ! L’Irlande... et les Irlandais. 

Quand je travaille sur des textes écrits il y a quelque temps, je ressens à nouveau toutes les émotions qui me les ont fait écrire. Entre autres, rien en Irlande n’est pareil comme ailleurs. Il fallait s’y attendre, parce que les Irlandais sont uniques. Ils ne font jamais rien comme les autres... Du moins, c’était le cas en 2004, lors de ce merveilleux voyage de trois semaines sur l’île émeraude. Si nos cœurs de rebelles québécois se sont sentis fort à l’aise à leur contact, leurs routes nous ont forcés à une adaptation très rapide... pour survivre. 

Le texte « Les routes d’Irlande » est le sixième de la série « Deux Québécois en vadrouille en Irlande » que j’ai déposé il y a quelques jours sur mon compte Wattpad.com. Par ce récit de cinq pages, je raconte comment nous avons abordé les circuits routiers. Cette publication vise à vous présenter quelques paragraphes tirés du texte qui contient plus de 2 800 mots.

Si nous étions enthousiastes de conduire notre petite Focus, transmission manuelle de surcroit, sur les routes irlandaises, nous avons parfois remis en question la décision de louer une voiture, du moins manuelle... Pour moi, l’inconfort s’accentuait quand je me retrouvais avec le nez de la voiture en bordure d’un ravin...

Le réseau routier comprend aussi un ensemble de petits chemins asphaltés fort étroits et sans ligne au milieu. Les bordures en bosquet, les murs de pierre ou les nombreux ravins ne permettent pas non plus qu’on y place des lignes peintes de chaque côté. Ces routes sont tortueuses, suivent les cours d’eau qui serpentent dans les zones rocailleuses ou sont simplement juchées à flanc de montagne. La conduite demande une concentration de tous les instants, surtout qu’il est parfois difficile de s’y retrouver en raison du manque de panneaux indicateurs. Il faut noter qu’en 2004, les automobiles n’étaient pas encore munies de ces merveilleux GPS intégrés. Ces chemins fort intéressants nous conduisent à des lieux peu visités comme des sites archéologiques néolithiques, Achill Island, et Connor’s pass.
L’Écosse nous avait habitués aux triples ronds-points, aux doubles S (un S au-dessus de l’autre) et au « single track road » (voir Deux Québécois en vadrouille en Écosse), mais certains panneaux de signalisation irlandais nous ont surpris en nous présentant un « Z ». Nous aurions pu croire que la langue celte parlée à cet endroit ne comprenait pas de S, mais nous avons vite réalisé que les courbes accentuées portaient bien leur sigle. 
De Westport à Keel, nous avons emprunté une route dite « régionale » où conduire à plus de 20 milles à l’heure demeurait un fait d’armes. En effet, cette route typique de ce coin de pays est très sinueuse. Seules les courbes en S, ou plutôt en Z, appelées « hair pin » ou « lacets », sont indiquées sur des panneaux de signalisation. Indiquer toutes les courbes régulières relèverait du défi et on manquerait d’espace sur les bords de route… Conduire devient alors un pas de danse fort compliqué : une courbe vers la gauche, deux courbes vers la droite, suivis de deux courbes vers la gauche, ainsi de suite. C’est à croire que les ingénieurs ont suivi une vache soûle pour faire le tracé. Il n’y a aucun bout de route droit de plus de 50 à 75 mètres. Pour compliquer les choses, ces routes sont tellement étroites qu’il faut parfois arrêter complètement en collant le plus possible sur le côté de la route pour laisser passer un camion ou un autobus qui vient en sens inverse même si ces derniers gardent les roues de droites sur l’accotement. La tentation de fermer les yeux et de grimacer devient difficile à éviter… 

La conduite automobile sur les routes secondaires, sur les nationales, demande qu’on reste particulièrement concentrer et très alerte. De bons freins aident beaucoup... et une certaine agilité à manipuler le bras de vitesse (à gauche du chauffeur) tout en conservant le contrôle de la voiture. Tout un défi !


Les autobus en circuits réguliers ou simplement remplis de touristes voyagent à une bonne vitesse et ne ralentissent pas le trafic qui les suit, mais ils sont très larges. Ils ont donc tendance à rouler les roues de droite dans la voie inverse. Ainsi, leur arrivée face à nous, à sens contraire, reste très impressionnante. Souvent, l’accotement qui devrait être présent à notre gauche est remplacé par une enceinte de briques, des arbres, un bosquet fourni, un mur de maison, ou un ravin. On se sent petit et on apprécie les bons freins; même si on a confiance que les gros véhicules se tasseront à temps, on a chaud…
 Lorsque les routes sont dangereuses, les spécialistes de la circulation utilisent toutes sortes de moyens pour alerter les automobilistes. Dois-je parler des cônes orange au Québec à titre d’exemple ? L’Irlande s’intéresse aussi à ces détails... en utilisant un autre moyen.
Il faut également garder les yeux sur la chaussée. Non ! Ce n’est pas pour identifier les nids de poules ! En Irlande, on écrit sur l’asphalte, même à la campagne. Surtout quand le panneau d’indication présente des courbes en forme de Z (non pas un S, mais bien un Z). D’abord, le mot « slow » apparaît au milieu de la voie en grosses lettres, ce qui m’incite à réduire ma vitesse. Un peu plus loin, on peut lire « slower », et je ralentis encore. Quelques dizaines de mètres plus loin, on a inscrit « very slow »; là, à la manière des coureurs automobile, je conduis en tenant le volant avec ma main droite fort crispée, ma main gauche agrippant solidement le bras de vitesse… sauf que, moi, je ralentis encore. Puis, on aperçoit « dead slow » écrit sur l’asphalte; la voiture est presque à l’arrêt et je suis prête à tout !
Dans les circuits de l’ouest de l’île, là où la circulation automobile devrait être moins importante, le défi de conduire se transforme... rien n’est moins risqué...

Au cours d’un trajet de 10 milles sur ce type de route, un conducteur aura en moyenne négocié une centaine de courbes en Z, rencontré 50 camions ou autobus, évité 20 piétons et une dizaine de cyclistes, ralenti derrière cinq tracteurs de fermes et évité de justesse 50 arbres ou murets de pierres. Et j’exagère à peine ! Il reste ainsi peu de temps pour admirer les paysages pittoresques et les maisons typiquement colorées du coin. Il n’y a pas, non plus, moyen de prendre des photos. Pas étonnant qu’il y ait des aéroports partout dans l’île et que les gens préfèrent prendre l’avion. 

Curieusement, nous étions fort déçus de retourner notre Focus qui était toute toute neuve à notre arrivée. Trois semaines n’étaient pas un temps suffisant pour visiter à notre goût tous les coins de l’Irlande qui a si bien su nous enchanter. Pourtant, le compteur marquait les 3 000 kilomètres. Nous savions que nous y reviendrions pour un autre 2 000 kilomètres. Il va sans dire que nous avons vadrouillé en tout sens sur cette petite île de 70 293 km

Voici le lien pour lire le texte entier sur ma page Wattpad.com : 

Deux Québécois en vadrouille en Irlande : les routes d’Irlande


 Bonne lecture ! 


Suzie Pelletier 
Merci d’encourager l’édition indépendante 

dimanche 28 juin 2015

Le Pays de la Terre perdue - Une réaction d'une fan


Écrire est une activité que l’on fait généralement seul. Du moins, c’est mon cas. Je peux m’accrocher de nombreuses heures à mon clavier, les yeux rivés sur l’écran alors que mes idées se bousculent dans ma tête. Une seule manière d’y faire de l’ordre : transformer ce tourbillon de mots en phrases puis en livre ou nouvelle. Je rédige d’abord pour moi, pour transformer un certain fouillis d’émotions en une trame romanesque qui un jour, deviendra partageable avec les autres. J’aime cette solitude qui me permet de vivre intensément dans mon univers créatif. 


Puis, il y a tous ces efforts qui sont nécessaires pour transformer ces écrits en livres, pour les autres. Si je ferme les yeux, je compte tous ces refus d’édition, toutes ces heures de révisions, de corrections, de discussions et de décisions parfois difficiles. Puis le roman cesse d’appartenir à l’auteur. Comme un papillon qu’on a coucouné de longs mois, voire des années, le récit prend son envol dans l’univers du livre pour devenir la propriété des lecteurs. J’apprécie énormément quand je peux discuter avec des fans qui viennent me rencontrer dans les Salons du livre. Parfois, on me laisse une note sur Facebook (Suzie Pelletier auteure), par mon site web, mon comte Wattpad.com ou ce blogue. J’apprécie chacun de ces contacts qui me permettent de sortir de mon isolement d’écrivain et de me ressourcer.

Parfois, les circonstances m’apportent des signes presque astraux. Comme si la vie voulait me donner un coup de pouce. Pour comprendre que ce que j’accomplis par une vie de reclus rend aussi d’autres personnes heureuses. Ça m’est arrivé il y a quelques jours. Une grande joie ! Un vrai bonheur !

La scène se passe dans une salle d’attente pas loin de chez moi... J’étais en train de lire, comme d’habitude, en attendant que mon rendez-vous arrive. D’une oreille distraite, j’entends la conversation d’un couple qui, assis à côté de moi, planifie leurs prochains jours de vacances.

— Nous ne pourrons aller à la plage, affirme la femme, il pleuvra ce jour-là. Tu sais ? On annonce de gros orages, des orages comme au Pays de la Terre perdue.

— Ah bon ! réplique l’homme, comme si l’image énoncée lui donnait une référence crédible.

Je reste fort éberluée d’entendre une personne bien vivante répéter une phrase que Nadine, le personnage que j’ai créé, utilise si souvent dans mes romans. Je lève la tête de mon livre pour m’adresser à eux.

— Hé ! Quelle belle expression vous avez là !

Aussitôt, la femme me regarde avec des yeux lumineux.

— Mais ! Vous ne connaissez pas les livres du Pays de la Terre perdue ?

La dame se lève et fait quelques pas ; elle attrape un livret à l’effigie du premier livre de la série et qui contient le chapitre 1.

— Tenez ! Lisez ça ! C’est le chapitre 1 de la série ! Vous ne pourrez pas résister. Je vous le jure ! Je les ai tous commandés chez Chapters ! C’est facile !

Avec le cœur en chamade, j’arrivais à peine à ne pas pleurer de joie. J’ai pris lentement l’un des exemplaires que je venais tout juste de déposer sur la table et qu’elle me remettait avec autant d’enthousiasme. Je l’ai tourné pour mettre l’endos près de mon visage et j’ai attendu que l’information s’enregistre sur le visage de la dame. Elle a crié si fort que je crois qu’on l’a entendu jusqu’en Ontario... Puis elle s’exclame d’une voix tremblotante.

— Vous êtes l’auteure ! Wow ! Wow ! Wow ! Le tome VI ? Il sort quand ?

Nous avons rempli notre temps d’attente en discutant de cette série qui raconte les aventures de Nadine. Je sens dans le ton de voix qu’un certain ressentiment s’installe.

— Pourquoi ne continuez-vous pas ? Pourquoi vous arrêtez-vous la série après six tomes ?

J’ai envie de lui répondre que l’histoire se termine avec le tome VI, que de continuer me forcerait à reporter d’autres beaux projets d’écriture qui prennent déjà forme dans ma tête et dans mon ordinateur. Je suis émue par les yeux tristes de la dame. Son conjoint en rajoute.

— Elle va tellement s’ennuyer de Nadine, vous savez !

Je note, dans le ton utilisé, que lui aussi allait s’ennuyer de ce personnage fort lumineux. Je ne peux pas leur dire... mais je travaille sur un projet qui pourrait permettre à mes fans de quitter moins brusquement ce monde merveilleux du Pays de la Terre perdue...

D’abord, il y aura la sortie du tome VI (Emmanuel) qui sortira dans quelques semaines pour rentrer en librairie pour le 1er octobre 2015. Puis il y aura des Salons du livre à l’automne 2015 et au printemps 2016.

Puis... il y aura une surprise... 2017 peut-être...


Suzie Pelletier
merci d'encourager l'édition indépendante




dimanche 21 juin 2015

Lecture - Sarah Bouchard - Le sursis

 * * * * Autres publications sur mes lectures  * * * * * 

Chronique sur l'écriture
Auteure :  Sarah Bouchard
Livre :    Le sursis
Type Roman :  roman québécois, contemporain
Éditions de la semaine
Site web de l'auteure : http://sarah-bouchard.com


Je n’ai pas lu les romans Attraction, Clandestin et Égarements parce que le sujet traité m’intéressait moins, mais j’avais savouré le style littéraire de l’auteure dans Emprise pour la belle philosophie qu’elle sait si bien nous transmettre. Quand je l’ai rencontré au Salon du livre de Montréal, Sarah m’a expliqué que par son dernier livre, elle reprend le même style que pour emprise, c’est-à-dire moins ésotérique. J’étais conquise. J’ai acheté sur le champ, obtenant en prime une belle dédicace personnalisée. 

Mes activités un peu trop nombreuses, tout comme l’immense pile de livres non lus qui s’éparpille sur un rayon de ma bibliothèque, m’ont tenu loin de ce roman pour quelques mois. 

Quand j’ai ouvert le livre, j’ai été captivée dès les premiers chapitres. J’ai aussitôt reconnu l’habilité de l’auteure à s’approprier le cœur alourdi de l’âme blessée, dans ce cas-ci Anaïs, pour le transformer en joie de vivre malgré que la vie s’acharne à réduire les chances de vivre du personnage. 

Lentement, la solitaire qui croyait tout avoir s’aperçoit qu’elle passait à côté de la vraie vie avant qu’elle n’apprenne qu’il ne lui restait que six mois à vivre...

Si le thème encourant le cancer est toujours difficile à traiter, je conviens que Sarah Bouchard nous sort rapidement de cette mort qui rôde en nous faisant admettre que la vie mérite d’être vécue. 



Originaire de Sainte-Hedwidge, une charmante petite municipalité de la région du lac Saint-Jean, Sarah Bouchard a fait des études en création littéraire à l’université Laval. 

Elle a résidé en France durant 8 ans, d’où elle revient en 2006 pour s’établir à Verchères. Le sursis est son cinquième roman publié. Parce qu’elle écrit essentiellement la nuit, je suis certaine que les étoiles qui planent dans le ciel québécois surveillent pour nous tous les traits de plume... ou les coups de doigts sur le clavier... alors que, j’en suis convaincue, un sixième roman se prépare.

Une auteure québécoise à suivre... 


Bonne lecture !



Plume/ Suzie Pelletier
Merci d'encourager l'édition indépendante