mardi 24 juin 2014

Parc Forillon - Le Mont Saint-Alban

Gaspésie — 6 août 2002
Je viens de terminer la révision d’un texte de 1900 mots  rempli de sensations diverses et de petits bonheurs. J’ai grimpé le mont Saint-Alban en 2002, il y a de cela presque douze ans. Au fil des lignes, j’ai senti les odeurs et, même, revu les nombreux visages des gens rencontrés. C’est ce que je trouve merveilleux dans l’écriture. Il me permet de créer une empreinte, non seulement des faits et des détails, mais également de toutes ces émotions que je ressens intensément quand je me retrouve dans la nature. 
J’ai déposé ce récit sur mon compte Wattpad.com parce que le blogue m’apparait inapproprié pour publier un texte aussi long. Même si vous pouvez trouver la narration à l’adresse web suivante, je vous présente ici quelques lignes qui vous mettront en appétit. 
Mes visites dans la nature, particulièrement les montagnes, font ressortir la philosophe en moi, comme en témoigne le prochain bout de texte. 
C’est justement pour obtenir cette sorte d’impression de grandeur qu’apporte la vue de ce cosmos, qui existe depuis la nuit des temps, que je grimpe des montagnes. Debout sur le monticule, je ressens étrangement l’éphémérité de la vie humaine. Si la fragilité de mon être me bouleverse, je constate étonnamment que j’ai une place dans cet univers, comme si chaque pas que je fais lors de mon bref passage ici change ce monde de façon irréversible. Je vis intensément le moment présent.
Parfois, quand le sommet est perché à des milliers de mètres au-dessus de la mer, les trekkeurs travaillent très fort pour l’atteindre. Par contre, comme l’explique l’extrait suivant, même avec une dénivellation de 280 mètres peut engendrer un exercice très demandant.
Joyeusement, nous entamons le début de la piste et nous parcourons les 800 premiers mètres de la randonnée qui, très aérobiques, nous forcent à grimper dans une pente abrupte… 17 ou 18 degrés d’inclinaison... peut-être même plus. Nous soufflons douloureusement et suons à grosses gouttes. La montée est si raide que certains marcheurs s’arrêtent à tous les 50 m. Bien entendu, je stoppe chaque fois que j’en ai l’occasion… pour parler aux gens et pour admirer la mer. Le fait que je ralentisse ma respiration en même temps n’est que… le fruit du hasard.

Bien sûr, même quand nos corps suent sous l’exercice, nous demeurons de grands contemplatifs...

[...] Le long du sentier, nous arrêtons à de nombreux points de vue pour examiner une paroi rocheuse où nichent une multitude d’oiseaux, regarder l’océan ou contempler le magnifique cap Bon-Ami; parfois, un bout de mer attire notre attention un bon moment; un peu plus loin, une situation particulière nous fait prendre quelques clichés. Nos jumelles et nos appareils photo ne rentrent pas dans leurs étuis tant nous les utilisons souvent.

Bien sûr, le rêve fait partie de nos vies malgré la nature concrète de l’expédition...

À mi-chemin, on se retrouve à l’intersection où débute le sentier international des Appalaches (SIA). Cette route de trekking qui se rend jusque dans l’état de la Virginie aux États-Unis passe aussi par le parc de la Gaspésie, traverse la région du Bas-du-Fleuve et termine sa course canadienne par les Cantons de l’Est. Un arrêt de quelques minutes nous permet de reposer nos jambes, tout particulièrement mes genoux. Nous profitons de ce petit moment pour échanger nos idées, nos vues et nos connaissances sur le SIA. Au fond de nous, nos cœurs de montagnards intrépides imaginent la nature sauvage, de forêts impénétrables, de gîtes en montagne, d’animaux féroces et bien évidemment des moustiques, de la boue et de la pluie. Est-ce qu’un jour, l’un de nous sera en mesure de confronter ses rêves à ce sentier, ce qui prendrait quatre mois à accomplir ? Il faudra continuer à s’entraîner et, pour le moment, nous poursuivons la randonnée plus courte que nous avons choisi aujourd’hui.
La simple lecture de ce texte vous fera comprendre pourquoi je mets autant d’effort pour rester en forme et trouver le temps de me retrouver en nature, sur le sommet d’une montagne ou sur le bord de la mer, pour contempler langoureusement cette vie qui se renouvelle de saison en saison, d’année en année, de siècle en siècle. 
Faisons des efforts pour conserver ce merveilleux monde. 
Bonne lecture ! 


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire